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Asymétrie d'information

Situation d'un marché dans lequel une des parties prenantes est mieux informée que les autres. Par exemple, le vendeur d'une voiture connaît les points faibles, mais peut se garder de les révéler aux acheteurs potentiels, en espérant que ceux-ci ne les remarqueront pas.

 

Commentaire:
Les asymétries d'information sont légion: sur le marché du travail, par exemple, l'employeur ignore les capacités réelles des candidats à l'embauche qui se présentent, les sociétés d'assurance ignorent si les clients qui veulent s'assurer sont de bons ou de mauvais risques, etc. Pour se prémunir contre ces asymétries, de nombreuses possibilités sont ouvertes: l'employeur se fiera aux diplômes, à l'origine sociale, essaiera d'obtenir des informations par les anciens employeurs, mettra en place une période d'essai, etc. Mais lever l'ensemble de l'asymétrie d'information avant de prendre une décision coûte cher et est parfois impossible. Dès lors, le marché ne fonctionne plus comme le prévoit la théorie, puisque l'information est inégalement répartie entre les acteurs.

Débat méthodologique:
L'introduction des asymétries d'information dans l'analyse économique a permis de lever une des conditions essentielles de la «concurrence parfaite» et de se rapprocher du fonctionnement concret des marchés. Elle a également ouvert la voie à l'analyse stratégique, dans laquelle chacun cherche à cacher à l'autre les informations qu'il détient afin d'en tirer profit, tandis que l'autre s'efforce au contraire de faire révéler ces informations par des incitations adaptées (c'est la voie de recherche de Jean Tirole, par exemple) ou par des règles et des institutions particulières (contrôle technique pour les voitures, par exemple). Paradoxalement, ce nouveau domaine de l'analyse économique a été largement initié par trois néokeynésiens (paradoxalement, car il s'agit d'une approche microéconomique, alors que Keynes ne s'intéressait qu'à l'approche macroéconomique): George Akerlof, Michael Spence et Joseph Stiglitz, qui ont obtenu en 2001 le «prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel», dit «prix Nobel d'économie») pour ces travaux.



Date de mise à jour : 22/01/2010




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