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Multiplicateur d'investissement

Dans l'analyse keynésienne, désigne le fait que la réalisation d'un investissement engendre un flux de dépenses qui, en se répandant dans l'économie, donnent naissance à des revenus qui, en étant eux-mêmes dépensés, engendreront un flux successif de demandes additionnelles. Ce flux va inévitablement en se réduisant, au fur et à mesure qu'une fraction de ces revenus successifs fait l'objet d'une épargne. Au total, l'effet multiplicateur prendra fin lorsque le montant cumulé de l'épargne réalisée à partir des revenus additionnels successifs sera égal au montant de l'investissement initial.

 

Commentaire:
Le mécanisme du multiplicateur n'est qu'ébauché par Keynes dans son oeuvre maîtresse, La théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie. Il lui a été inspiré par un autre économiste, Kahn qui, lui-même, s'était inspiré d'un économiste polonais, Kalecki. Le mécanisme lui-même est critiquable (il suppose, pour être mis en évidence, que l'on raisonne toutes choses égales par ailleurs, ce qui n'est jamais le cas). Mais il a le mérite de montrer:
-que l'économie est dynamique: les dépenses d'une période sont issues des revenus de la période antérieure, etc. Il y a donc une mémoire de l'économie, et le rythme de croissance à un moment donné est en partie déterminé par celui de la période antérieure.
-que l'investissement est une dépense autonome dont le montant détermine le rythme de croissance par les ajouts, ou les perturbations qu'il crée. Dans une économie, l'investissement joue le rôle d'un accélérateur, l'épargne celui d'un frein. Le résultat final dépend donc de ces deux éléments perturbateurs.
La dépense publique est souvent présentée également comme une source potentielle d'effet multiplicateur (lorsqu'elle augmente en proportion du PIB), mais avec une différence importante: elle suscite une demande supplémentaire, mais, contrairement à l'investissement, ne suscite pas d'offre supplémentaire. Elle est donc adaptée pour une relance conjoncturelle, pas comme un accélérateur durable de croissance. L'analyse libérale met en avant le coût de son financement (impôts immédiats ou emprunts qu'il faudra rembourser par des impôts à venir) pour dénoncer son inefficacité.



Date de mise à jour : 22/01/2010




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