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Déficit

Situation d'un compte dans lequel, au cours d'une période donnée (généralement l'année), les chargesl'emportent sur les produits, ou les sorties sur les entrées. Dans le cas d'une entreprise, on utilise plutôt le terme perte. Le terme déficit s'emploie principalement dans deux cas: s'agissant des comptes publics (déficit du budget de l'Etat, des comptes de la protection sociale,etc., à ne pas confondre avec la dette publique) et s'agissant de la balance extérieure ( balance commerciale, balance des transactions courantes).

 

Commentaire:
Le déficit des comptes publics peut être une prévision (déficit du budget de l'Etat ou, plus précisément, de la loi de finances, puisque le projet de budget, une fois adopté par le Parlement, devient une loi) ou un constat (on parle alors du déficit de la loi de règlement, qui clôture les comptes d'une année donnée). L'existence d'un déficit budgétaire (c'est ainsi qu'on nomme, plus généralement, le déficit d'une loi de finances ou d'une loi de règlement) n'est pas forcément l'indicateur d'une mauvaise gestion. En effet, cela peut provenir d'un montant d'investissements publics important: l'Etat fait alors appel à l'emprunt, exactement comme le fait une entreprise dans une situation similaire, en escomptant que ces investissements engendreront des ressources nouvelles (croissance plus forte, situation sociale mieux assurée suscitant de meilleures rentrées d'impôts...) de manière à rembourser les emprunts sans élévation de la pression fiscale. Mais, surtout, l'Etat n'est pas un acteur comme les autres. Son but n'est pas de maximiser ses recettes, mais d'aider l'action collective à être plus efficace et moins inégalitaire. Il agit donc au nom de l'intérêt général. Or il peut arriver que l'intérêt général requière une relance, laquelle suppose que l'Etat dépense davantage sans prélever davantage. Non seulement il est le seul agent à pouvoir le faire aisément (car, contrairement à une entreprise ou à un particulier, il ne peut être victime d'un incident de paiement: l'Etat rembourse toujours ses dettes, sauf exception rarissime), mais il est également le seul à pouvoir accepter de le faire, puisqu'il n'est pas guidé par la perspective de rentrer dans ses fonds, mais par la relance de l'activité au profit de tous. En d'autres termes, l'Etat est potentiellement générateur, dans ce cas, d'un bien collectif, qui est l'amélioration de la situation économique et du niveau d'activité. Certes, le déficit public coûte toujours quelque chose, puisqu'il faudra rembourser les emprunts qu'il a nécessités. Mais il est générateur d'effets potentiellement positifs. C'est donc au regard de l'analyse des coûts et des avantages que l'on peut juger de son bien-fondé. Toutefois, les règles européennes (traité de Maastricht, amendé quelque peu par le Pacte de stabilité et de croissance) imposent que le déficit public (somme du déficit de toutes les administrations publiques: Etat, collectivités territoriales et organismes de protection sociale obligatoire) ne dépasse pas 3% du produit intérieur brut(PIB).
Le déficit des comptes extérieurs est d'une nature très différente. Il porte sur le fait que l'activité économique du pays engendre plus de sorties de devises que d'entrées, une situation qui ne peut durer très longtemps, sauf si le pays en question –qu'il s'agisse de l'Etat ou des agents particuliers que sont les banques, certaines entreprises privées,etc.– a la possibilité d'attirer des investissements étrangers (directs ou de portefeuille, c'est-à-dire consistant en achats de titres cotés). En d'autres termes, le déficit des comptes extérieurs pose immédiatement la question de la contrainte extérieure: la politique économique du pays déficitaire (taux d'intérêt, fiscalité sur les bénéfices,etc.) doit être orientée en fonction des exigences des financeurs, sous peine de devoir éliminer le déficit des comptes courants, c'est-à-dire, en fait, réduire l'activité (car la façon la plus efficace de diminuer le niveau des importations consiste à faire cela, ce qui, il faut en être conscient, augmente inévitablement le chômage).



Date de mise à jour : 22/01/2010




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