Retour au dictionnaire



Economie de marché

En général, terme utilisé comme périphrase pour désigner l'économie capitaliste.

 

Commentaire:
Toutefois, pour l'historien Fernand Braudel, le marché est très antérieur à l'économie capitaliste proprement dite: il aura fallu attendre le «commerce à la grande aventure», générateur de grands risques mais aussi de profits fabuleux quand le sort était favorable, pour que l'économie de marché se transforme en économie capitaliste, grâce à la prodigieuse accélération de l'investissement engendrée par l'accumulation du capital issue des bénéfices de ce type de commerce. Mais, même ainsi, le terme «économie de marché» désigne une économie dans laquelle l'ensemble des relations économiques passe par le marché ou s'effectue en référence au marché, ce qui est bien caractéristique d'une économie capitaliste.
Le point fondamental d'une économie de marché, ce n'est pas le marché (c'est-à-dire la concurrence), mais les entreprises. L'économie de marché, en effet, repose sur des entreprises dont les décisions ne sont pas centralisées, ou dirigées, même si elles peuvent être influencées par des lois, des règles, des incitations fiscales. C'est parce que, dans une économie de marché, les nombreuses entreprises qui composent le tissu productif ne sont pas dirigées, officiellement ou souterrainement, par une autorité unique, que l'économie de marché est à la fois dynamique (il y a sans cesse de nombreuses initiatives, les unes débouchant sur des échecs et des disparitions, les autres couronnées de succès) et chaotique (il n'existe pas de coordination et de logique centrales). Tout le problème des économies de marché est donc de parvenir à stabiliser le système social sans en atténuer le dynamisme. D'où, partout, ces mélanges d'intervention publique, ou de réglementations collectives, et de concurrence et de course au profit.



Date de mise à jour : 22/01/2010




Dictionnaire/Accueil