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Antitrust (lois)

Ensemble des lois qui, aux Etats-Unis, veillent, au nom de la concurrence, sur les opérations de concentration (Celler-Kefauver Act de 1950, Hart Scott Rodino Act de 1976), l'abus de position dominante (Sherman Act de 1890, Clayton Act de 1914) ou les accords entre firmes aboutissant à restreindre la concurrence effective. Par extension, on désigne fréquemment sous le nom de «lois antitrust» les dispositions législatives ou réglementaires qui constituent la «politique de la concurrence».

 

Commentaire:
Dans l'Union européenne, la politique de la concurrence relève d'articles similaires inclus dans le traité de Maastricht qui donnent notamment à la Commission européenne un pouvoir d'autorisation préalable pour toute opération de fusion ou d'entente entre firmes ayant des établissements dans au moins deux pays de l'Union européenne. C'est la direction générale de la concurrence(DGIV) qui en est chargée. Ses décisions peuvent être contestées devant les organismes judiciaires de l'Union (Cour européenne de justice). En France, il existe une Autorité de la concurrence, chargée de détecter et, éventuellement, de sanctionner les pratiques anticoncurrentielles ( ententes, abus de position dominante).

Débat méthodologique:
La politique de la concurrence est souvent présentée comme le levier permettant au marché de jouer un rôle encore plus efficace. Cette affirmation ne recueille cependant pas l'unanimité chez les économistes. Certains d'entre eux, à la suite de Schumpeter, ont mis en avant que les fusions et concentrations, en accroissant la taille, les moyens financiers et la capacité d'investissement des firmes, permettaient à ces dernières de pratiquer une politique d'innovation essentielle à la dynamique du capitalisme: la politique de la concurrence aurait donc pour effet paradoxal d'affaiblir cette dynamique plutôt que de la stimuler. Dans le même ordre d'idées, Galbraith a souligné que la grande taille des firmes permettait de réduire l'incertitude à laquelle le marché les confronte et rendait donc le système à la fois plus stable et plus efficace, en les incitant à consentir plus volontiers les investissements requis par leur développement. En Europe, la critique a plutôt porté sur le fait que la politique de la concurrence est souvent préconisée comme devant se substituer à des politiques plus structurelles, comme si davantage de concurrence devait suffire à résoudre les problèmes de pilotage des économies.



Date de mise à jour : 22/01/2010




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