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Individualisation (des salaires)

Désigne le fait que les augmentations de salaires, lorsqu'elles existent, sont différenciées selon les salariés et dépendent d'appréciations individuelles liées soit à la mesure du travail fourni (quand elle est possible), soit à l'atteinte d'objectifs fixés par le supérieur hiérarchique.

 

Commentaire:
Cette procédure a évidemment pour finalité de pouvoir inciter chacun des salariés à s'impliquer davantage dans son travail. Elle n'est pas sans conséquences –souvent négatives– sur les collectifs de travail, puisque leurs membres peuvent devenir dans une certaine mesure concurrents les uns des autres. En outre, elle suppose que l'employeur puisse mesurer avec précision l'effort fourni ou le résultat final imputable à chacun, ce qui est loin d'être évident. Pour toutes ces raisons, l'individualisation des salaires (on devrait dire plutôt individualisation des hausses de salaires) demeure une forme minoritaire de détermination des hausses, plus fréquente chez les cadres que dans les autres groupes sociaux.
D'un point de vue macroéconomique, l'individualisation des salaires pose le problème de l'évolution de la masse salariale et de la compatibilité de cette évolution avec les autres grandeurs économiques globales (production, productivité). En effet, les hausses générales de salaires créent en quelque sorte une norme qui tend à se généraliser, au sein d'une profession, d'une branche ou d'une région, par des phénomènes mimétiques. Et cette norme permet de faire évoluer la demande salariale à un rythme d'ensemble relativement connu et maîtrisé. Au contraire, les hausses individualisées n'engendrent aucune norme d'ensemble. Il est donc tout à fait possible que des entreprises pratiquent une sorte de gel des salaires: faute de référence collective, les salariés ont peu de possibilité de revendiquer, surtout si le rapport de force ne leur est pas favorable.



Date de mise à jour : 22/01/2010




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