L’analyse économique sans (trop) de peine


Les manuels ci-dessous sont destinés à des personnes ayant entrepris un cycle de formation économique plus approfondi. Ils sont donc d’une facture plus classique, mais ont été sélectionnés pour leur caractère vivant (il n’y a pas que des équations, même s’il y en a quelques-unes) et pédagogique (on peut les comprendre sans avoir d’agrégation de maths). Ils privilégient tous, plus ou moins, une approche « orthodoxe », celle qui domine dans la formation économique (l’homme est rationnel, il recherche son intérêt et y parvient par le calcul, les marchés sont efficients grâce au mécanisme des prix et l’intervention publique est limitée).

Principes d’économie moderne, Joseph Stiglitz (*)

Macroéconomie, Grégory Mankiw (**)

Macroéconomie, Olivier Blanchard et Daniel Cohen (*)

Macroéconomie à l’échelle européenne, Michael Burda et Charles Wiplosz, éd. De Boeck, 4è éd., 2006 (***)

Dans la perspective orthodoxe standard, c’est sans doute ce qui se fait le mieux : tous les grands thèmes d’une économie ouverte dans laquelle les politiques économiques peuvent différer sont passés en revue et illustrés d’exemples concrets. On regrettera une robinsonnade dont les auteurs auraient pu se dispenser.

Précis d’économie internationale, Assen Slim et Farid El Alaoui, éd. Ellipses, 2006, (**)

Une présentation assez pédagogique des modèles théoriques élaborés au fil du temps par les économistes pour rendre compte du commerce international, avec une mise en perspective des actuelles caractéristiques du commerce international et des débats autour de l’OMC.

Economie internationale, Paul Krugman et Maurice Obstfeld (***)

Introduction à la microéconomie, Hal Varian (***)

Fondements de la microéconomie, Hervé Defalvard, 2 tomes, éd. De Boeck, 2003 (**)

Sans doute le livre qui allie le mieux précision et didactique dans un domaine où l’on se noie facilement dans les équations, tant la formalisation mathématique s’y est développée. En outre, l’auteur clôt son deuxième tome par une sorte de mise en garde, soulignant la distance entre l’approche orthodoxe (qu’il qualifie de « dogmatique ») et la réalité.

L’économie industrielle des stratégies d’entreprise, Jean-Marie Chevalier (dir.) (*)

Economie industrielle, une méthode d’analyse sectorielle, Jean-Pierre Angelier, Presses Universitaires de Grenoble, 3è éd., 2002 (*)

Mises à la portée de tous ou presque, les analyses de l’économie industrielle : ou comment une firme peut gagner de l’argent en allongeant les séries, en se différenciant de ses concurrents, en adaptant ses prix selon les segments de marché, … Dommage, il y a quelques équations, mais ce n’est pas rédhibitoire.

Lire l’économétrie, Luc Behaghel, coll. Repères, éd. La Découverte, 2006, (***)

La comptabilité nationale, Jean-Paul Piriou, coll. Repères, éd. La Découverte, 13è éd., 2004 (**).

Sur le plan macroéconomique, la comptabilité nationale est peu à peu devenue la source principale d’informations chiffrées. D’autant que les pays de l’Union européenne se sont dotés d’un système unifié qui permet de comparer les données d’un pays à l’autre sans trop de problèmes méthodologiques. Mais, pour rentrer dans cette caverne d’Ali Baba, encore faut-il avoir une clé : le livre de Piriou, trop tôt disparu, est sans doute la plus commode qui soit aujourd’hui. Précis, synthétique, il ne s’égare pas en longs commentaires, mais ne cède pas non plus à la tentation de l’à-peu-près. C’est un modèle du genre. Espérons seulement que l’éditeur trouvera quelqu’un à la hauteur pour mettre à jour ce petit manuel dans les années à venir.


Articles/L’analyse économique sans (trop) de peine ( n°025 )