L'école monétariste


Alternatives Economiques Poche n° 031 - novembre 2007

Famille d'inspiration: les néoclassiques, les classiques.

Son fondateur: Milton Friedman (1912-2006), lauréat en 1976 du prix "Nobel" d'économie.

Principaux représentants: les élèves de Friedman se regroupent désormais dans l'école des anticipations rationnelles (voir plus bas), elle-même étant un sous-ensemble plus large du courant des nouveaux classiques (voir plus bas), qui ont fait leurs les analyses de Friedman sur la monnaie.

Ses thèses: le monétarisme tire son nom d'une analyse particulière de la question monétaire, mais il ne se limite pas à cela. Friedman, sur le plan monétaire, a réussi le tour de force de renouer avec l'analyse quantitative traditionnelle des classiques. Dès lors qu'il dépasse le rythme d'augmentation de la production, tout accroissement de la quantité de monnaie dans l'économie engendre à terme une augmentation proportionnelle des prix. Pour Friedman, l'inflation est une forme d'impôt masqué (elle réduit le pouvoir d'achat de certains) qui modifie le comportement des acteurs et brouille les cartes. Comme elle empêche ainsi le marché de jouer correctement son rôle, il convient d'attaquer le mal à la racine, c'est-à-dire de faire varier les taux d'intérêt de sorte que les emprunts (qui sont à l'origine de la création monétaire) ne progressent pas plus vite que la production. Contrairement à ce que prétendent les keynésiens, émettre de la monnaie (en augmentant le crédit, par exemple) ne permet pas de stimuler l'activité économique, si ce n'est durant une période transitoire (on parle désormais d'anticipations adaptatives), mais au prix d'une perturbation durable du bon fonctionnement du système économique.

La bonne politique économique consiste donc à fixer un taux de croissance faible et constant de la masse monétaire et, pour le reste, de laisser le marché agir. Moins l'Etat en fait, mieux cela vaut. Friedman était convaincu que le marché est autorégulateur et que toute intervention publique (salaire minimum, protection sociale, procédures de licenciement…) était nocive. Il était également partisan des taux de change flottants. Ce n'est pas à l'Etat de fixer le prix de la monnaie nationale par rapport aux devises extérieures, et mieux vaut laisser le change s'ajuster tout seul: "Pourquoi ne pas laisser le chien remuer la queue, au lieu de laisser la queue remuer le chien?" Les prescriptions monétaristes, largement adoptées par certaines banques centrales (la Banque centrale européenne notamment), si elles ont effectivement réussi à quasiment éliminer l'inflation, semblent avoir également freiné la croissance économique; les Etats-Unis, pourtant patrie de Friedman, mènent en revanche depuis quinze ans une politique monétaire beaucoup plus souple qui se préoccupe à la fois de l'inflation et de la croissance.

En savoir plus

"Milton Friedman, croisé du libéralisme", par Gilles Dostaler, Alternatives Economiques n° 228, sept. 2004.


Alternatives Economiques Poche n° 031 - novembre 2007
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