Ouvertures critiques


Les livres ci-dessous ne sont pas des manuels (c’est-à-dire des livres ayant pour objectif de présenter le système explicatif utilisé par les économistes et les débats qui ont lieu à ce propos), ce sont des ouvrages critiques, qui cherchent à montrer les failles ou les problèmes issus de l’approche « orthodoxe » habituelle. Ils sont donc à conseiller pour quiconque veut prendre un peu de recul par rapport à cette approche.

Les trous noirs de la science économique, Jacques Sapir (***)

Antimanuel d’économie, Bernard Maris, 2 tomes, éd. Bréal, 2003 et 2006 (*)

Un petit régal de culture et d’ironie, qui va beaucoup plus loin que le simple maniement de concept ou le jeu de massacre. L’auteur appuie en effet sur les points de l’approche orthodoxe qui « font mal » et montre que les choses sont forcément plus compliquées que cette dernière le postule en réduisant tout à une question d’intérêt, de calcul et d’optimisation. Le tout présenté comme un beau livre.

Les vraies lois de l’économie (Tome 1) Jacques Généreux (**).

Les vraies lois de l'économie (Tome 2) Jacques Généreux.

Petit bréviaire des idées reçues en économie, Les Econoclastes, éd. La Découverte, 2003 (*)

Un florilège réjouissant de toutes les affirmations critiquables et/ou erronées qui courent les rues et font croire à tout le monde que la seule issue est dans le libéralisme. Les constructions intellectuelles en apparence les plus sérieuses peuvent reposer sur du sable.

Economie, le grand Satan ?, conversations avec Pierre-Noël Giraud, éd. Textuel, 1998 (*)

Non, l’économie n’est pas le monstre froid que l’on a décrit, et le marché l’antichambre de l’enfer. Et il y a de la démarche scientifique dans l’analyse économique, même si tout n’est pas de cette eau là. Un plaidoyer en faveur d’une approche raisonnée de l’économie, qui n’évacue ni le pouvoir, ni les contraintes.

Les 10 plus gros mensonges de l’économie, Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq, éd. Dangles, 2007 (*)

Une critique de l’analyse comptable traditionnelle : il vaut la peine de s’endetter, et c’est en dépensant que la machine économique peut tourner correctement. Mais peut-être les auteurs poussent-ils le bouchon un peu trop loin en concluant qu’il suffirait de créer de la monnaie « sociétale » pour résoudre nos problèmes, renouant ainsi avec la vieille utopie proudhonienne du crédit gratuit.

Une économie de rêve, René Passet, éd. Mille et une nuits, 2003 (*)

Critique sociologique de l’économie, François Simiand, textes présentés par Jean-Christophe Marcel et Philippe Steiner, coll. Le lien social, PUF, 2006, (**)

Par un statisticien qui fut un grand sociologue, une analyse sans concession de la fragilité des bases sur lesquelles repose la « science économique » orthodoxe. L’homme y est censé à la recherche de son intérêt, qu’il soit consommateur ou producteur. Mais cet intérêt, explique Simiand exemples à l’appui, « est loin d’être simple et unique ». Autant viser plusieurs lièvres à la fois avec le même fusil.


Articles/Ouvertures critiques ( n°025 )